Rapports des sorties professionnelles 2017-2018

Il s’agit d’un rapportage par axe :

Les aides viennent appuyer les efforts locaux déjà entrepris dans le groupement de KASHEKE

Une trentaine d’étudiants a été affectée dans le territoire de KALEHE, en Groupement MBINGA SUD, situé à plus ou moins 55 Km au nord de la ville de BUKAVU.  Ces étudiants étaient encadrés par le Chef de Travaux Lucien WAND’ARHASIMA MAGAYANE et l’Assistant Jeff AKETCHI  LUHANGELA.

Le Territoire de KALEHE est constitué de deux chefferies, à savoir : la chefferie de  BULOHO et  la chefferie de BUHAVU. Les étudiants en sorties professionnelles ont travaillé dans cette dernière qui comprend sept groupements : MBINGA SUD, MBINGA NORD, KALIMA, KALONGE, MUBUNGU, BUZI et ZIRALO. Ces étudiants ont effectivement travaillé avec les paysans et les leaders locaux dans le groupement de MBINGA-SUD formé de dix localités, à savoir : BUSHUSHU, CIBANJA, CHOFI, IHOKA, IBINDJA, ISHOVU, IKO, MUNANIRA, MUHONGOZA et KASHEKE. Cette dernière localité a été le rayon d’action des étudiants de l’ISDR Bukavu. Le rapport administratif de 2017 chiffre la population de cette localité à 11384 habitants. Ces derniers pratiquent l’agriculture au sens large, l’artisanat et le petit commerce des produits viviers et manufacturiers.

Les autres potentialités du groupement sont les terres agricoles, les sites miniers, les églises, les centres de santé, les écoles primaires et secondaires, le lac Kivu pour la pêche et le transport lacustre, les petits marchés locaux, la route nationale n°2 qui relie Bukavu à Goma, les routes de dessertes agricoles.

Le groupement de KASHEKE est pénétré par des petites organisations locales qui sont des atouts sur lesquels les populations comptent pour leur développement local. Ces organisations ouvrent ce groupement à la mondialisation en octroyant des microcrédits rotatifs (AVEC) et en travaillant dans le domaine agropastoral (APADI). Elles font la médiation pour prévenir les conflits locaux (UPDI), développent l’esprit d’entraide entre les membres (MUSO), distribuent les semences et le petit bétail aux paysans (BAKAZIRHUBE HAGUMA) et interviennent dans le domaine hydroélectrique (Comité d’Electricité de Nyamutwe, COENYA). Ces différentes activités sont pratiquées dans les sous villages de MUDUSA, KABUMBIRO, NYAMUTWE, IRAMBO et LWEGE. En matière de développement, tous les villages ne sont pas touchés de la même manière. Il se développement une classe des intermédiaires locaux dans les secteurs d’eau, hygiène et assainissement, d’agropastoral, d’éducation,                                                  

En 2017, les étudiants de l’ISDR-Bukavu avaient constaté que le sous-village de MUDUSA était confronté à un réel problème d’alimentation en eau potable. Pour résoudre ce problème, ils avaient construit avec la communauté un point de lessive proche de la source Buloho pour prévenir les maladies hydriques.

Les étudiants avaient constaté que les femmes lessivaient à la source, ce qui était à la base de la pollution d’eau potable et des conflits dans le milieu entre la population et le comité de l’eau, d’hygiène et d’assainissement.

En 2018, les étudiants ont procédé à l’entretien de la source et les alentours du bac à lessive. Ce dernier devrait être agrandi en l’inclinant de sorte que l’eau y coule librement. Cet ouvrage doit être régulièrement entretenu par la communauté locale. L’ISDR-Bukavu devrait augmenter son enveloppe d’appui aux petites initiatives locales pour sa visibilité. Les leaders locaux devraient s’employer dans la sensibilisation de la communauté afin qu’elle maintienne l’ouvrage et trouve des partenaires pour intervenir dans les autres secteurs vitaux. Les aides viennent appuyer les efforts locaux déjà entrepris. Agir comme cela consiste à concilier le développement endogène et exogène.

Le groupe affecté  dans l’axe  Kidodobo, groupement de Kamisimbi, Chefferie de Ngweshe en Territoire de Walungu  était composé de 31 étudiants dont 14 filles et 17garcons sous la supervision de l’Assistant Claude  MUSEME. Kidodobo est un village situé  à 21 Km de la ville de Bukavu. Sa population est évaluée à 7373 habitants dont 1361 personnes vivant dans la localité  Mushozi,  1430 dans la localité  Lubona, 1294 personnes dans la localité  Muhanda, 1361 dans la localité  Karhwanguka et 1927 personnes dans la localité Nyamubanda (Rapport du groupement 2017).

Au cours de travaux de réhabilitation des routes de dessertes agricole, les étudiants ont impliqué toutes les associations de développement se trouvant dans ces cinq localités. Les associations qui ont travaillé avec les étudiants sont : UDEKA, MUSO, NASECO, RUCILWEKO, COLUERU/DR, ASSOCIATION DES FEMMES ARTISANNES, y compris les chefs des localité           (Birhalahirwa Muzusanga de la localité Mushozi, Baguma Kafarire de la localité Karwanguka, Mutuzi Nyaburacha de la localité Nyamubanda, Lukungulika Mushagalusa de la loclité Lubona et Murhula Rubakuza de la localité Muhanda), l’église Catholique et l’église 40ème CECA Kidodobo.

Sur le terrain,  l’équipe a réalisé des activités avec la communauté dans 5  localités dont la localité Mushozi, la localité Lubona,  la localité  Muhanda, la localité Karwanguka et la localité  Nyamubanda. Dans l’ensemble, les étudiants ont identifié des problèmes de développement local  dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’environnement, de l’éducation  et de la réhabilitation des routes de dessert agricole.

Nous décrivons brièvement, ce que les étudiants ont fait effectivement  dans le secteur de la réhabilitation des routes de desserte agricole. Ils  ont participé  aux travaux d’ouverture des caniveaux  sur les routes de desserte agricole,  aux défrichages sur le long des routes, aux  bouchages des trous se trouvant sur les routes, aux entretiens de 4 ponts (sur la rivière Karwanguka/Cinyabagenzi et sur la rivière Rwakankonzi II) et ont sensibilisé la population sur la maintenance de ces  différentes routes de desserte agricole.

 Les étudiants ont travaillé avec les paysans dans la réhabilitation des routes de desserte agricole pour leur permettre l’accessibilité à ce milieu, l’évacuation et l’écoulement des produits agricoles vers les marchés et pour maintenir des échanges économiques avec d’autres groupement ainsi que la ville de Bukavu.

Ce travail de réhabilitation  était  rendu possible suite à la restauration de la sécurité  après les événements malheureux de vol perpétré au  Centre  de santé de l’église 40ème CECA de Kidodobo le  25 Février 2018 par des personnes non autrement identifiées. La paix sociale est un atout pour le développement local.

Les localités précitées offrent  plusieurs atouts pour leur développement notamment leur population active, les organisations de la société civile dynamiques, le dynamisme des chefs locaux, les ressources naturelles dont les arbres pour la réparation des ponts sur les routes de desserte agricole, les bouses des animaux pour fertiliser le sol, les plantules pour lutter contre le déboisement et les érosions, les marais pour la production des légumes, etc. L’ISDR-Bukavu interpelle les autres partenaires à s’impliquer activement en vu d’améliorer ce que les étudiants ont commencé sur le terrain.

Petites actions pour appuyer le développement local

L’axe Burhinyi était constitué de 30 étudiants dont 10 étudiantes et 20 étudiants. Ces étudiants encadrés par le Chef des Travaux RUDAHABA BATUMIKE Hilaire et l’Assistant MULANGALIRO MUSHUKA Jeff ont été répartis en 6 sous axes de travail, entre autres : MULAMBI-MULIMBA, MUHOLA-KABULA, BWISHASHA-MULHI, BIRHALA CENTRE-KAKWENDE, KARWERHA-KANYIMBA et NACISHE.

L’histoire de la chefferie de Burhinyi est peu documentée et donc mal connue. Elle a été créée en 1920 par l’arrêté n° 19 de l’autorité coloniale et est située à 85 km de la ville de Bukavu. Cette chefferie devenue une entité décentralisée après la colonisation compte 18 groupements, à savoir BIRHALA, BUDAHA, KARHENDEZI, MULAMBI, BUGOBE, NTONDO, LUHUKU, CIZUKA, NIRINJA, CHIBINDYE, MULANGA, CESHERO, KITWABALUZI, BUHOGO, KALAMBO, CIRERE, ITUDU et CIRIRI. Pendant la colonisation, c’est-à-dire de 1920 à 1948, la chefferie de Burhinyi était rattachée au territoire de KABARE. Après la colonisation, cette chefferie est actuellement annexée au territoire de MWENGA.

L’actuel dirigeant est à la fois Mwami et chef de chefferie connu sous les noms CHIRHULWIRE II BULALA BASHENGEZI Richard. Il a été reconnu par l’arrêté n° 003/2008 du 24 Février 2008 de son Excellence le ministre de l’Intérieur, Sécurité, et Décentralisation. Dans la lignée, il est le 19ème successeur au trône. D’après la tradition, le pouvoir se transmet du père au fils. Avec les évolutions, l’héritier devra être reconnu par le pouvoir d’Etat.

La population de la chefferie estimée 77.080 habitants en 2017 pratique l‘agriculture, l’élevage, l’exploitation artisanale de minerais, le petit commerce et les petits métiers.  La chefferie regorge l’or, la cassitérite, les rivières sur lesquelles les associations de développement peuvent aménager de petites centrales hydro-électriques et jouit d’un climat de type tempéré favorable aux cultures exotiques occidentales.  Les associations actives dans la chefferie de Burhinyi sont  CODDIMIR, Comité Anti-Bwaki, AJEMU, FUPIDER, ADEJP, SAIDR, CLD, APHAR, Psycho Center, et s’emploient dans le reboisement, l’adduction d’eau potable, l’agriculture, l’élevage, la lutte contre le changement climatique, l’apiculture, les maladies mentales, la lutte contre la malnutrition, etc.  La population fréquente les confessions catholiques, protestantes (CELPA, CEPAC, CEBCA, CECA, CNCA, CNBC, AOGI, LUTHERIENNE, UIEC) et des églises de réveil (CERPI EMMANUEL).

Pendant les sorties professionnelles,  les étudiants ont observé que la population de la chefferie de Burhinyi est confrontée à deux grands problèmes de développement local. Il s’agit de l’appauvrissement des terres agricoles et la pauvreté rurale. Ces deux problèmes majeurs sont caractérisés par la baisse de la production agricole, le faible revenu monétaire, la déperdition scolaire, les conflits fonciers et miniers avec la société BANRO, la malnutrition, les maladies, le chômage, etc.

Vu, la multiplicité des problèmes de développement local, les étudiants ont travaillé avec les villageois, les chefs de localités dans la constitution de deux compostières pilotes dans la localité de MULAMBI. La compostière de MULAMBI est aménagé dans la concession du chef de localité. L’autre compostière est à l’école primaire de KARHALA.

Ensuite, les étudiants ont fait l’assainissement du terrain de football dans la localité de KAKWENDE avec le mwami et ses habitants. Dans la localité de MUHOLA, les étudiants ont fait le désherbage autour de deux sources d’eau. Au cours du désherbage, le chef de section et Daniel Marrion, chargé de GAMEJ ont prospecté la source pour la maintenance.

Enfin, les étudiants ont travaillé avec les habitants de NACISHE dans l’entretien des routes de desserte agricole.  Après 9 jours de travail dans la chefferie de Burhinyi, les étudiants sont conscients qu’il faut de gros moyens financiers et techniques pour propulser le développement rural. Les investissements soutiendraient l’agriculture, l’électrification rurale (les micro-barrages) et la saponification.

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